Pendant que le neuf marque le pas, la rénovation énergétique s'impose comme le vrai moteur d'activité des entreprises du bâtiment. Interdictions progressives de louer les passoires thermiques, aides publiques conditionnées à l'audit, prix de l'énergie durablement élevés : tout pousse les ménages vers l'isolation, le changement de chauffage et la ventilation performante. Conséquence directe sur les carnets de commandes, les entreprises qualifiées RGE affichent des délais qui s'allongent — et les particuliers apprennent à réserver leur chantier plusieurs mois à l'avance, comme on réserve un restaurant le samedi soir.
Paille, chanvre, ouate de cellulose, béton de terre : portés par la RE2020 et son calcul carbone, les matériaux biosourcés quittent le cercle militant pour entrer dans les appels d'offres ordinaires. Les industriels structurent leurs filières et les assureurs, longtemps frileux, couvrent désormais la plupart des mises en œuvre courantes.
La réglementation environnementale du neuf durcit ses seuils carbone par étapes, et chaque palier rebat les cartes des solutions constructives : la brique et le bois gagnent du terrain, le tout-béton recule sur la maison individuelle, et les bureaux d'études thermiques n'ont jamais été aussi sollicités.
Couvreurs, plombiers-chauffagistes, électriciens : les tensions de recrutement restent fortes sur les métiers techniques, malgré des salaires en hausse et des campagnes de reconversion. L'apprentissage bat des records d'effectifs, mais les entreprises devront encore composer plusieurs années avec des équipes sous tension — et les clients avec des plannings serrés.
Pour les chantiers à mener soi-même, voir les guides travaux pas à pas.